Le Défi Clé régional BiodivOc
Les changements planétaires en cours, résultat des activités humaines, affectent l’ensemble des composantes de la biodiversité et de l’environnement, et leur compréhension et prise en compte constituent un défi majeur pour nos sociétés. Tous les espaces sont affectés, en particulier les plus riches en biodiversité. L’Occitanie, dont certains territoires font partie des 36 points chauds de biodiversité à l’échelle mondiale, en ressent de nombreuses conséquences.
L’Occitanie, un réservoir de biodiversité …
L’Occitanie dispose d’un patrimoine naturel unique, qui en fait une des régions de France métropolitaine les plus riches en matière de biodiversité qui relève pour partie d’un des 34 points chauds de biodiversité à l’échelle mondiale. Ce patrimoine naturel exceptionnel s’explique par la situation géographique de la région, au carrefour de quatre influences bioclimatiques : méditerranéenne, atlantique, continentale et montagnarde. C’est une richesse qui irrigue tous les territoires de la région et qui fonde leur capacité de résilience, pour mieux faire face aux changements globaux que nous subissons.

… qui subit de multiples pressions
Si l’Occitanie se distingue par la richesse de son patrimoine naturel, elle est aussi la région métropolitaine démographiquement la plus dynamique et se singularise par son importante urbanisation, en particulier sur le littoral, et une artificialisation accrue des sols. Ce dynamisme n’est pas sans poser des problèmes majeurs, en particulier en termes de gestion des espaces et des ressources naturelles, vivantes ou non.
Déjà mis à mal par le changement climatique particulièrement fort sur le pourtour méditerranéen, la biodiversité et les écosystèmes subissent de multiples pressions liées au développement des activités humaines et son érosion s’intensifie sous l’influence de nombreuses menaces simultanées.
Part (%) des impacts sur la biodiversité
14 % │ Réchauffement climatique
Le réchauffement climatique en cours modifie, perturbe ou menace le monde vivant : l’aire de répartition des espèces animales et végétales se déplace, certains cycles végétatifs s’accélèrent. Le climat est lui-même déséquilibré par les activités humaines qui émettent trop de CO2 et autres gaz à effet de serre, avec des épisodes climatiques extrêmes de plus en plus fréquents et puissants qui viennent accélérer les effets délétères du réchauffement sur la biodiversité.
30 % │ artificialisation des milieux
On assiste à un morcellement et à une perte d’espace des milieux, via en particulier l’urbanisation et les infrastructures de transport. Les conséquences sur la biodiversité sont multiples et participent à son érosion : destruction, dégradation et fragmentation des habitats (abrasion des fonds marins, pertes de connectivité des habitats, perturbation de l’hydrologie), dérangement des espèces, dégradation des sols, de leurs fonctions et de leur biodiversité.
14 % │ Pollution des milieux
Il s’agit des pollutions des milieux aquatiques, de l’air, des sols par des substances dangereuses (pesticides, métaux lourds, etc.), des pollutions émergentes (résidus médicamenteux, nanoparticules, ondes électromagnétiques, etc.), de la pollution par les macrodéchets (dont les plastiques), de la pollution sonore (notamment par les transports terrestres et maritimes) ou de la pollution lumineuse. Elles détruisent ou modifient les écosystèmes et les espèces, et ont de nombreuses conséquences sur la santé humaines.
23 % │ Surexploitation des ressources
Une surexploitation des ressources naturelles (eau, bois, énergie, produits agricoles…), qui se traduit par un prélèvement supérieur à la capacité de renouvellement, contribue à fragiliser le fonctionnement des milieux naturels et leur aptitude à faire preuve de résilience. Cela concerne notamment certaines pratiques agricoles ou de pêche, les activités de chasses non gérées, la déforestation, les sur-prélèvements par les activités récréatives.
11 % │ introduction d’espèces envahissantes
Les espèces exotiques envahissantes sont à l’origine d’impacts multiples affectant les espèces indigènes, le fonctionnement des écosystèmes et les biens et services qu’ils fournissent. Ces espèces sont également à l’origine d’impacts négatifs importants pour de nombreuses activités économiques et pour la santé humaine. Elles constituent une menace pour près d’un tiers des espèces terrestres menacées et sont impliquées dans la moitié des extinctions connues.
Source : Ministère de l’Aménagement du territoire et de la transition écologique
Bien entendu, les différentes facettes de ces changements globaux peuvent se combiner en Occitanie, qui apparait donc particulièrement vulnérable.
Il s’agit aujourd’hui de « Prévenir », « Réduire » et « S’adapter ».
Dynamique, résilience et gestion de la biodiversité et d’écosystèmes soumis à des pressions environnementales d’origine humaine
Pour répondre à ces enjeux majeurs pour les sociétés humaines, en particulier en Occitanie, BiodivOc favorise une recherche plus intégrée, développant les liens entre science fondamentale et gestion de la biodiversité. L’objectif est de comprendre la dynamique de cette dernière pour anticiper ses réponses aux changements planétaires et atténuer leurs effets à l’échelle régionale. L’observation et le suivi, en partenariat avec les acteurs locaux, couplés à la recherche fondamentale, incluant la modélisation, doivent permettre d’appréhender les mutations environnementales et sociétales afin de produire des scénarios pour le futur et proposer des pratiques de gestion plus durables et plus efficientes.